Aller au contenu principal

Un œil de lynx

Nathalie Dowgray, directrice scientifique de l’ISFM, a rappelé l’importance de la santé physique autant qu’émotionnelle, notamment lorsque le chat est contraint au port d’une collerette – les souples sont plus agréables que les rigides, même si elles peuvent être insuffisamment protectrices, notamment lors de chirurgies ophtalmologiques (une étude comparative est en cours).

Doué pour voir très bien la nuit, pour percevoir les mouvements rapides (avec 60 images/min. enregistrées par son cortex, là où nous n’en percevons que la moitié), particulièrement ceux horizontaux, le chat reste modeste en vue de proximité (< 25cm), secondé par ses vibrisses. S’il perçoit peu les couleurs (uniquement le bleu et le verts), il a une finesse de discrimination importante de la luminosité. Sarah Heath, spécialiste en comportement, a souligné combien le chat savait voir et communiquer à distance au moyen de quelques postures aussi caricaturales que nos Emoticon. Lorsqu’il est privé temporairement ou graduellement de la vue, son état émotionnel s’en ressent : il augmente sa distance avec ses congénères, diminue ses interactions avec ses propriétaires. 

Des particularités à connaître

La spécialiste en ophtalmologie,Renata Stavinohova (Lumbry Park Veterinary Specialists, UK), a présenté les caractéristiques de la vision féline ainsi que les bonnes pratiques de l’examen ophtalmologique.
L’œil du chat est proportionnellement grand par rapport au nôtre, avec une dimension de l’orbite de 24 sur 26 mm. De nombreux muscles soutiennent et rendent le globe oculaire mobile. Les paupières, dépourvues de cils, assurent la protection et la lubrification de la cornée, avec des clignements complets des yeux rares (1 à 5 toutes les 5 min.) et lents, raison pour laquelle nous les remarquons. Le clignement peut être réflexe dès qu’un contact se fait avec les paupières, la conjonctive ou après une lumière vive ou un son fort. Le stress diminue la fréquence des clignements alors que l’excitation les augmente.

Conduire l’examen ophtalmologique avec douceur

L’ensemble des principes chamicaux s’applique lors de l’examen de l’œil. « Sans chiens, sans aboiements, tout va bien ! ». Même si les lésions sont spectaculaires, l’examen commencera à distance, puis avec patience et calme, pour l’examen rapproché. Les parents resteront avec leur chat pendant l’examen, assis ou tenant leur chat, tant qu’ils ne le cramponnent pas.

Pour Ursula, c’est essentiel d’expliquer tout ce que l’on fait et voit. Cela fait beaucoup baisser le niveau d’anxiété des parents. Pour Renata, la meilleure clé c’est de ne pas faire attendre le patient et d’avoir une salle de consultation strictement féline.
Le contact simple avec la main suffit à calmer le chat, généralement, tout en lui parlant. L’examiner dans la pénombre et faire des photos est parfois mieux.
Si le chat est difficile ou douloureux, il ne faut pas hésiter à le faire revenir pour voir l’auxiliaire (sans faire de soins la 1ère fois) afin de mettre en place du contre-conditionnement.

Le stress augmente les résultats du test de Schirmer, donc c’est bien d’utiliser une couverture de la maison (et surtout pas celle de la cage, dans laquelle le chat a voyagé et souvent eu peur). Lorsque le patient est consulté dans le bas de sa cage, il faut penser à glisser cette couverture avec les odeurs de la maison par-dessus lui, au moment où le haut de la cage est enlevé.