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Lors du congrès de médecine féline de l’ISFM, à Malte, fin juin 2024, Julia Beatty, professeure à l’université de médecine vétérinaire de Hong-Kong a rappelé l’importance du dépistage systématique du FeLV et FIV avant adoption, vaccination, chimiothérapie, transfusion et pour des chats malades, victimes de morsure et lorsque le parent est lui-même immunodéprimé. 

Les résultats, s’ils sont positifs, permettent de répondre à deux questions pratiques : ce chat développera-t-il la maladie ? Est-il contagieux ?

 

Mieux connaître les évolutions cliniques

Les maladies infectieuses félines poursuivent leur évolution, avec de bonnes nouvelles du côté des rétrovirus. Julia Beatty a été formelle, un test positif n’est en aucun cas une raison d’euthanasie. Le dépistage du FIV par test ELISA se réalise mieux sur plasma, totalement fiable au-delà de 6 mois, avec confirmation par PCR s’il est positif. Pour le FeLV, le test peut être réalisé sur un tout jeune chaton.
La forme abortive du FeLV est désormais mieux connue, avec des chats qui éliminent le virus et développent des anticorps séroneutralisants (pour le dépistage desquels un test est toujours attendu). Ces chats sont donc naturellement vaccinés contre le FeLV.

L’espérance de vie des chats développant une forme régressive est identique à celle des chats non-infectés, les deux se distinguant par la positivité pour le chaton exposé au FeLV, éliminé avant d’avoir atteint la moelle osseuse. Ce chat FeLV + n’est pas contagieux (sauf s’il donne son sang lors de transfusion).
La forme progressive avec envahissement de la moelle osseuse par le virus évolue inexorablement, à ce jour, en 3,5 ans vers la mort, pour des chats +.

Des prévalences en régression

Estimées entre 0 et 8,8 % en Europe pour le FeLV et de < 2,5 à > 14 % selon les populations pour le FIV, les prévalences actuelles montrent l’efficacité de la politique de dépistage et de vaccination, conduite depuis des décennies par les vétérinaires et les associations de protection animale. Seuls les pays d’Australasie disposent d’un vaccin contre le FeLV/FIV, qualifié de médiocre (la valence FIV pose toujours des soucis techniques d’efficacité, rendant positifs les chats vaccinés +).

Julia Beatty a donné quelques informations sur l’infection à hepadnavirus (domestic cat hepadnavirus, DCH), apparenté au virus humain de l’hépatite B. Décrit pour la 1ère fois en Australie en 2018 sur un chat mâle castré, FIV +, souffrant d’un lymphome de type B, il a été depuis mis en évidence en Italie, Thaïlande, Turquie, Hong Kong, Taïwan, Japon, Amérique du Sud comme du Nord. Ce virus pourrait être impliqué dans les carcinomes hépatocellulaires et les affections hépatiques, aiguës ou chroniques. Sa prévalence va de 1 à 17 % selon les pays.