Savoir demander des vidéos
En neurologie, certains signes cliniques sont aussi fugaces qu’épisodiques. Sous l’effet de la panique, le parent a bien du mal à décrire ce qui s’est passé. En consultation, sous l’effet du stress de leur parent et celui de son transport/attente puis séjour en salle de consultation, le chat a bien peu de chance que son système nerveux, placé en mode survie, laisse toujours s’exprimer ce qu’il fait spontanément chez lui. Donc autant demander au parent du chat une ou plusieurs vidéos et les regarder attentivement.
Première démarche à réaliser : confirmer qu’il s’agit bien d’un trouble neurologique. Un chat qui perd son tonus musculaire ou perd connaissance pour un court instant, peut souffrir d’une affection cardiaque. Un examen cardio-vasculaire complet peut ainsi révéler un trouble du rythme dont le traitement peut requérir un pace-maker.
Comprendre les signes cliniques
Une fois établi que les signes relèvent de la neurologie, il est parfois possible de localiser rapidement la structure atteinte, comme lors d’inclinaison de la tête. Laurent Garosi a présenté une vidéo montrant un chat, dont la démarche était altérée. Il penchait la tête alternativement à droite puis à gauche, et souffrait d’un syndrome vestibulaire bilatéral, auquel il faut savoir penser.
Lorsque les troubles sont épisodiques, la cause est cérébrale ou localisée à la jonction neuro-musculaire. Avec une atteinte médullaire ou des nerfs périphériques, les signes cliniques sont constants.
Les convulsions partielles sont plus fréquentes chez le chat que les convulsions généralisées. Elles sont courtes (<1 min.), avec une salivation possible, des manifestations psychomotrices (le parent dit que son chat a une hallucination, car il paraît effrayé) et elles peuvent faire suite à des bruits déclencheurs (celui de jeux pour enfants ou celui des bisous par exemple lors de Feline Audiogenic Reflex Seizures, FARS) et plus rarement à des odeurs. Le traitement fera appel au levetiracetam tout en modifiant les paramètres environnementaux.
Connaître les particularités félines

Dans le prurit oro-facial (qui en humaine a une cause autoimmune, avec une élévation du taux de LG Ig1), le chat présente des mâchonnements, du prurit faisant suite à des lésions de l’hippocampe ou d’encéphalite limbique. Il touche des chats plutôt jeunes (3 à 8 ans). S’il s’agit d’une forme idiopathique, le phénobarbital est indiqué.
Le Feline Oro Facial Pain Syndrom (FORS) est une neuropathie faciale dont la douleur importante conduit le chat à une automutilation. Il s’agit d’un choc électrique sur l’épiderme. La prégabaline est le traitement de choix, tout en réduisant tous les stress environnementaux identifiés. L’acupuncture peut aider à traiter les cas réfractaires.
L’épilepsie est plus fréquente chez le Sphynx que chez les autres races. Malheureusement aucun marqueur génétique n’est disponible. L’IRM a pour but de rassurer le parent, montrant qu’aucune lésion grave n’est responsable de l’état de son chat. Les chats restent conscients, la crise pouvant durer de 10 à 60 min, sans phase post-ictale. Le traitement ne sera mis en œuvre que si les crises sont fréquentes et il fait appel au phénobarbital. Des guérisons sont possibles.
Enfin l’hyperesthésie féline reste une pathologie mal comprise, augmentée par les stress, pour laquelle une prédisposition est notée chez le Siamois, le Burmese et l’Himalayen. Une étude est en cours à laquelle vous pouvez vous joindre (www.neurovet.co.uk). Le traitement repose sur la prégabaline, la fluoxétine, le topiramate.