Des fonctions hydratantes et protectrices

On sait désormais que le virus survit aussi dans la cornée, probablement dans tous les nerfs de la sphère ORL (et pas seulement le ganglion trijumeau). Il apprécie les turbines nasales et la conjonctive, avec des températures ne dépassant pas les 36°C
Quatre formes cliniques sont actuellement décrites :
- La forme aiguë, chez les chatons avec une mortalité importante. Ursula Dietrich (spécialiste en ophtalmologie féline, The London Cat Clinic, UK) a souligné que la coloration au rose bengale permet une détection plus précoce que la fluorescéine. En humaine, le prurit permet un diagnostic clinique rapide.
- La forme latente, certains chats ne faisant aucune récidive alors que d’autres les déclenchent au moindre stress. Lors de récidive, la conjonctivite uni ou bilatérale et de faux ulcères indolents doivent toujours motiver une PCR et s’abstenir de tout topique corticoïde. Ursula Dietrich a déconseillé de brûler les marges des ulcères. Elle a recommandé des lentilles qui peuvent tenir 15 jours (et modifient peut-être la température de la cornée, permettant d’éliminer le FHV). Les antiviraux en topique sont recommandés (cidofovir, efficace et coûteux) ainsi que par voie générale, avec une dose actuelle de famciclovir de 90 mg/kg 2 fois/j, à poursuivre quelques temps après la guérison clinique. La L-lysine fonctionne d’autant mieux qu’elle est administrée précocement.
- La forme chronique se traduit par des kératoconjonctivites stromales souvent profondes et des séquestres cornéens qui sont d’autant plus profonds que de petit diamètre. La PCR est de mise, et le traitement fera appel aux antiviraux et AINS. Ursula Dietrich recommande, par expérience clinique, l’Optimmune®. En Israël, où les Sphynx sont très à la mode, le taux de séquestre cornéen est important avec une prise en charge chirurgicale où la transposition conjonctivale donne de bons résultats.
- En phase métaherpétique, l’altération du film lacrymal est importante, rendant les larmes artificielles indispensables.

Corticoïdes proscrits sauf …
Lors de symblépharon aucune thérapie n’est satisfaisante. La kératite éosinophilique est la seule pathologie pour laquelle la cortisone est indiquée. De petits excroissances au niveau limbique, couleur crème, apparaissent, surtout sur de jeunes chats. Le diagnostic se fera sur une cytologie, sachant qu’un seul éosinophile suffit. Le Maxidex® en topique est utile ou la triamcinolone en SC. Enfin, une consœur ophtalmologiste en Allemagne utilise avec succès l’acétate de mégestrol à doses très réduites, 1,25 mg/j pendant 5 jours. Jean Stiles l’utilise en version topique (à 0,5%)
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/vop.12994
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/vop.12371