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Mieux cerner le syndrome félin de la peau atopique

Notre consœur dermatologue Ariane Neuber Watts, praticienne en Allemagne, a présenté lors du congrès de la BSAVA à Manchester en Mars 2025 une conférence sur l’atopie féline, aujourd’hui appelée « syndrome félin de la peau atopique ». C’est un syndrome polymorphe caractérisé par une hypersensibilité aux allergènes environnementaux, responsables de signes cutanés, digestifs et respiratoires, qui exige un diagnostic différentiel complet d’exclusion des autres pathologies. La composante génétique n’est pas démontrée chez le chat, contrairement au chien et à l’humain.

La douleur du prurit

Le prurit démarre sine materia, les lésions apparaissant plus tardivement, auto-induites par léchage ou grattage notamment pour le prurit de la face et du cou (head & neck), souvent spectaculaire. L’appréciation de l’intensité du prurit et donc de la douleur occasionnée, est souvent très dépendante du temps que le propriétaire passe avec son chat.
Selon le professeur Claude Favrot (université de Zurich), ce sont les pavillons auriculaires qui sont surtout affectés (avec le bord du pavillon préservé) ainsi que les extrémités des antérieurs, chez de jeunes chats < 3 ans, vivant principalement à l'intérieur. La ligne dorso-lombaire est épargnée. La juxtaposition de plusieurs patrons réactionnels (alopécie extensive, prurit cervico-facial, dermatite miliaire, et complexe granulome éosinophilique) rend le diagnostic topographique lésionnel bien plus complexe chez le chat que chez l’humain ou le chien.

Un diagnostic différentiel complexe

Ouvrir la gueule du chat prurigineux est nécessaire pour rechercher les granulomes éosinophiliques, en vérifiant sur le menton la présence ou non d’acné. 
Le trichogramme permettra de savoir si les poils sont coupés par le chat lui-même ou cassés. Parmi les premières pathologies à éliminer, citons les affections parasitaires, avec l’allergie à la piqûre de puce et la gale pour laquelle un raclage négatif n’est pas toujours fiable à 100 %. Le traitement antiparasitaire est d’abord réalisé, par sécurité. L’allergie alimentaire doit également donner lieu à un test avec une ration ménagère. Les infections chroniques ou récurrentes seront aussi recherchées, les pyodermites, les dermatophytoses, les allergies et néoplasies.
Le prurit atopique est sensible aux corticostéroïdes, notamment à la dexaméthasone (0,1 à 0,2 mg 1 jour sur 2). La ciclosporine (7mg/kg) et l’oclacitinib (1mg/kg, hors AMM) sont également efficaces.

Notre consœur dermatologue Ariane Neuber Watts, praticienne en Allemagne, a recommandé les articles de référence de 2021 en libre accès, dans Vet Dermatology

Santoro, D., Pucheu-Haston, C.M., Prost, C., Mueller, R.S. and Jackson, H.

(2021), Clinical signs and diagnosis of feline atopic syndrome: detailed guidelines for a correct diagnosis. Vet Dermatol, 32: 26-6.

 

Mueller, R.S., Nuttall, T., Prost, C., Schulz, B. and Bizikova, P. (2021), Treatment of the feline atopic syndrome - a systematic review. Vet Dermatol, 32: 43-e8.

 

Auquel ajouter cette synthèse de notre consœur Émilie Vidémont-Drevon.
https://chvsm.com/la-dermatite-atopique-existe-t-elle-chez-le-chat/